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La seconde vie des jouets

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La société Eco-mobilier a été mandatée par les institutions de la filière des jeux et jouets pour gérer les obligations de collecte et de recyclage des produits usagés. Le point avec Dominique Mignon, présidente d’Eco-mobilier.

Pouvez-vous nous présenter la société Eco-mobilier, ses différentes activités ainsi que ses domaines d’expertise ?

« Eco-mobilier est un éco-organisme de droit privé créé en 2011, agréé par l’Etat pour mettre en œuvre l’organisation de la collecte et du recyclage de tout le mobilier domestique, intérieur et extérieur, sur l’ensemble du territoire français. Objectif, atteindre un taux de valorisation et de recyclage le plus élevé possible du mobilier usagé. Ainsi, en 2011, plus de 60 % de ces déchets étaient directement mis en décharge, alors qu’aujourd’hui, nous recyclons et valorisons 95 % des déchets d’ameublement, avec un taux de réemploi – c’est-à-dire de reconditionnement du mobilier par des associations comme Emmaüs ou les Recycleries avant la revente – de plus de 6 %.

L’agrément de l’Etat nous permet de percevoir une contribution financière pour chaque objet vendu, correspondant au coût exact du recyclage de cet objet. Cela représente, pour le mobilier, 310 M€ annuel, ce qui nous permet de financer la collecte, le tri, le transport et le recyclage des déchets ; et de soutenir financièrement les acteurs de l’économie sociale et solidaire pour le reconditionnement et le réemploi de ces objets de la maison. »

Pour quelles raisons avez-vous choisi de vous diversifier dans d’autres secteurs d’activités ?

« L’année dernière, nous avons décidé de développer nos périmètres d’intervention et d’élargir nos activités à d’autres objets de la maison. Pourquoi ? Parce que 80 % de nos 6.000 entreprises adhérentes sont des enseignes de distribution, spécialisées mais aussi généralistes, à qui nous souhaitons apporter d’autres solutions – et les plus larges possibles – avec un seul et même organisme partenaire pour le recyclage des produits qu’ils commercialisent : jouets, jardin, bricolage... D’autant que les objets de la maison intègrent beaucoup de matériaux comme le bois, les métaux et le plastique que l’on retrouve majoritairement dans le jouet. Or, puisque nous disposons d’une excellente expertise sur ce type de matériaux, il y a une vraie légitimité à rassembler ces différents secteurs pour massifier nos solutions de recyclage, et faire en sorte que tous ces matériaux recyclés puissent être utilisés pour la fabrication de produits neufs. Nous voulons donc exploiter cette synergie au niveau de l’usage de la matière recyclée que l’on a intérêt à croiser entre les intervenants de ces différentes filières, alors qu’ils n’en en ont pas la possibilité aujourd’hui.

Parallèlement, les enseignes ont aussi un objectif de reprise en magasin des produits usagés, et nous allons les accompagner dans cette démarche en installant, au sein des points de vente, des contenants pour les collecter avant de pouvoir redonner une seconde vie à ces produits, en réemploi ou en recyclage selon l’état. »

Comment allez-vous procéder dans la filière des jeux et jouets, et quels sont les enjeux de votre intervention ?

« Nous avons été mandatés il y a plus de 18 mois par les institutions de la filière, notamment la FJP et la FCJPE, pour mettre en œuvre leurs obligations dans cette démarche, et nous comptons déjà une centaine d’entreprises du secteur adhérentes, dont dix-huit vont entrer directement au capital d’Eco-mobilier dans un collège spécifiquement créé à cette occasion(*).

Nous avons beaucoup de défis à relever. Le jouet, c’est 200 millions d’unités mises sur le marché par an, dont 70 % par les fabricants et 30 % par les distributeurs eux-mêmes, ce qui équivaut à 110.000 tonnes de déchets de jeux et jouets que nous devons collecter, recycler et réemployer chaque année ; ce tonnage relativement réduit par rapport au nombre de produits mis sur le marché s’expliquant par le faible poids unitaire moyen des jeux et jouets.

Pour remplir nos objectifs, nous devons faire de la pédagogie auprès des consommateurs pour les inciter à rapporter les jeux et jouets dont ils veulent se débarrasser dans les magasins ou dans les associations, afin d’assurer leur recyclage et leur réemploi ; sachant qu’une grande partie finit aujourd’hui au milieu des ordures ménagères et dans les déchèteries publiques, même si le réflexe de donner un jouet usagé est de plus en plus important. 

L’un de nos principaux défis, c’est le réemploi. Le cadre législatif nous impose de tripler les volumes des produits amenés à être réemployés, c’est-à-dire confiés à des associations, généralistes ou spécialisées dans les jeux et jouets. Nous devons donc expliquer aux consommateurs qu’il ne faut plus jeter les jouets à la poubelle, qu’il faut privilégier le fait de les confier directement à une association ou de les déposer dans les contenants prévus à cet effet dans les magasins. C’est un travail que nous allons mener en collaboration avec les entreprises, fabricants et distributeurs. Nos contenants seront visibles dans les magasins, les consignes de collecte seront claires et bien définies, les vendeurs seront formés et sensibilisés, et nous mettrons en place tout une batterie d’outils comme la géolocalisation permettant de trouver l’association la plus proche pour y déposer son jouet. Parallèlement, nous allons travailler avec des écoles, au contact direct des enfants pour des opérations ponctuelles de collecte à des moments stratégiques de l’année : rentrée des classes, Noël... ; et nous allons concevoir des outils pédagogiques que nous mettrons à la disposition des enseignants. Nous allons expérimenter cette opération dans l’académie de Versailles, avant de monter en puissance sur l’ensemble du territoire. »

Quels sont vos objectifs à court, moyen et long termes ?

« En 2021, sur les 110.000 tonnes évoquées, nous estimons que seulement 5 à 6.000 tonnes de jouets ont été réemployées. Notre objectif étant de tripler ce chiffre, nous devrions atteindre près de 19.000 tonnes à termes, en récupérant les jouets via nos contenants dans les magasins et dans les déchèteries publiques où environ 40.000 tonnes de jouets sont aujourd’hui mélangées aux autres déchets et ordures ménagères. Bref, on ne jette plus ses jouets, on les rapporte en magasins ou dans des associations, où on les trie dans les déchèteries publiques.

Autre enjeu, le recyclage : on va donc travailler dès maintenant sur les différents types de plastique employés (PP, PE, PVC, ABS, PS...) pour savoir comment et où les recycler en fonction de nos opérateurs régionaux. Des tests sont en cours dans ce domaine pour optimiser nos processus, notamment en cette période de tension sur les matières, en termes de coûts et d’approvisionnement, où nos métiers de recyclage sont fortement sollicités. »

(*) (Smoby, PicWic, JouéClub, King Jouet...).

 

 

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« Nous devons expliquer aux consommateurs qu’il ne faut plus jeter les jouets à la poubelle, qu’il faut privilégier le fait de les confier directement à une association ou de les déposer dans les contenants prévus à cet effet dans les magasins. »

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Contenu proposé La Revue du Jouet N° 560 

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