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Internet et magasins font bon ménage

Bruno Bokanowski

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Internet et magasins font bon ménage

En attendant la publication de son bilan trimestriel du e-commerce, la Fevad a continué à suivre l’évolution du marché dans le contexte très particulier de la crise sanitaire, à travers ses différents outils d’analyse mis en place pour l’occasion.

 

Retour sur les cinq premières semaines de confinement pour le commerce en ligne au travers des résultats du panel composé d’une quarantaine de sites leaders non-alimentaires, qui permet de mesurer avec précision l’évolution des ventes au fil des semaines.

Globalement, l’analyse des données montre la forte capacité d’adaptation des distributeurs classiques et la complémentarité entre Internet et magasins, tout en soulignant la nécessité d’accélérer la transition numérique de ces derniers. Toutefois, dans le détail, les chiffres révèlent une situation plus contrastée qu’il n’y paraît.  

Le suivi de l’activité des sites montre, en premier lieu, une évolution significative du marché entre mars et la première moitié d’avril. Les trois semaines de mars ont été marquées par un recul global inédit des ventes de produits non-alimentaires sur Internet, en comparaison avec la semaine qui précède la crise. Cette baisse démarre dès le 9 mars, semaine des premières annonces de confinement. Puis, l’écart se creuse la semaine suivante avec sa mise œuvre et la fermeture administrative des magasins. Ce n’est qu’à partir de la fin mars, une fois le choc du confinement passé, que la courbe des ventes se redresse.  

Cette reprise est largement tirée par certaines catégories de produits, parmi lesquelles l’informatique, les activités d’intérieur et le jardinage dont la courbe des ventes accélère très nettement dans la semaine qui suit le confinement (+ 27 %), avant de former un plateau sur les deux semaines suivantes.

Quand Internet prend le relais du magasin fermé

Cette évolution ne touche pas de manière uniforme toutes les ventes en ligne. La mode, qui figure depuis longtemps parmi les produits les plus commandés sur Internet, fait partie des secteurs dont les ventes ont le plus pâti de la crise sanitaire. La chute sur les trois semaines de mars est en effet bien plus prononcée que pour la moyenne du e-commerce non-alimentaire, le creux de la vague se situant la première semaine du confinement avec un recul global de l’activité de 30 % ; avec en plus un redressement plus long à se dessiner, l’activité ne redémarrant qu’à partir de mi-avril. Pour autant, cette amélioration ne permet pas de compenser les pertes subies au cours des quatre semaines de baisse précédentes.

Un autre élément important à prendre en compte dans l’analyse de la situation consiste à dépasser la mesure du chiffre d’affaires global pour s’intéresser à la situation des sites pris de manière individuelle. Tous les sites n’ayant pas été impactés de la même façon, on relève, là aussi, des différences notables. En effet, en comparant le chiffre d’affaires des quatre semaines suivant le confinement à celui réalisé l’an passé, on observe que la moitié des sites ont vu leurs ventes reculer sur la période. Cependant, en y regardant de plus près, on constate que la situation varie selon le type de sites : les enseignes « magasin » enregistrent un taux de croissance moyen supérieur à 50 %, là où, en moyenne, le chiffre d’affaires des pure-players est en recul de  1 % sur un an.

Le e-commerce non-alimentaire profite donc largement des excellents résultats enregistrés par les sites d’enseignes « magasin », à l’instar du e-commerce alimentaire. Cela montre aussi que les distributeurs classiques ont su réagir et s’adapter en un temps record en transférant une partie importante de leurs ventes en magasin sur Internet. Et même si les ventes ainsi réalisées n’ont pas réussi à compenser les pertes liées à la fermeture administrative des magasins, Internet aura néanmoins permis, de manière incontestable dans bon nombre de cas, de limiter l’impact de la crise sur la situation économique des commerces physiques.

Ce constat, qui vaut aussi bien pour les grands acteurs que pour les PME/TPE, illustre une fois de plus la complémentarité entre Internet et magasin, tout en soulignant la nécessité d’accélérer la transition numérique de ces derniers.  

 

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