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Entre 6 et 7/10...

Bruno Bokanowski

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Début avril, aux alentours des deux-tiers des familles avec enfants se déclaraient dépitées par la fermeture des magasins de jeux et jouets. Une décision qu’elles considéraient injustifiée alors même que les magasins de jeux vidéo, les librairies et les disquaires demeuraient ouverts(*).

 

Lorsqu’on analyse dans le détail cette mesure d’opinion, on se rend compte d’une corrélation avec l’âge des enfants : plus leurs enfants sont jeunes, plus les parents sont nombreux à trouver cette décision « pas du tout justifiée » ; tandis que, pour les plus âgés, le jugement est plus modéré avec une proportion de « mesure plutôt pas justifiée » sensiblement plus importante. Des résultats qui mettent en lumière l’importance des spécialistes dans les achats dédiés aux plus petits, pour lesquels le conseil et le choix sont primordiaux pour les parents, mais qui indiquent aussi que l’opinion se forge en fonction de ses propres besoins, bien moins que par soucis d’équité.

Des chiffres à prendre en compte dans le débat politique sur le bien-fondé d’exclure les jeux et jouets de la liste des produits essentiels en période de confinement sanitaire, mais qu’il convient aussi de mettre en perspective des achats planifiés à court terme, avec moins de la moitié des parents déclarant avoir prévu d’acheter des jeux-jouets durant les jours ou les semaines à venir ! Et avec, malgré tout, des possibilités d’accès aux produits offertes par le click & collect ou les ventes en ligne assurées pour partie par les spécialistes eux-mêmes.

Certes, il est difficile de contester que jeux de société et jouets font partie des produits essentiels au bon développement et au bon équilibre des enfants, tant sur le plan psychomoteur que socialisant, leur permettant d’apprendre en s’amusant, de développer leur imaginaire et de les éloigner un temps des écrans, tout comme les livres et... les jeux vidéo, à l’exception près de la distanciation avec les écrans !

 

La jeunesse plutôt que la culture ?

 

L’interrogation réside plutôt dans la raison pour laquelle les jeux vidéo sont reconnus comme « loisir culturel » (la question ne se posant bien évidemment pas pour les livres ni les magazines), alors que jeux de société et jouets ne le sont pas. En dehors de toute considération d’amusement procuré, c’est peut-être du côté du poids économique de l’industrie du jeu vidéo et de son image dynamique en regard de la filière des jeux et jouets que se situe une partie de la réponse. Le jeu vidéo s’est démocratisé depuis longtemps : il est devenu le 1er loisir en France. Les représentants du secteur du jeu vidéo affirment que leur chiffre d’affaires est supérieur à celui des industries de la musique et du cinéma réunies ! Selon eux, près des deux-tiers des adultes actifs y jouent de manière au moins occasionnelle, avec une parité hommes-femmes. Il fait aujourd’hui partie de la pop culture et tend à se développer comme un média à part entière, créant lui-même de nouveaux héros pour les enfants, de nouveaux « incarnant ». Mario en est un exemple de longue date, Fortnite et Animal Crossing de manière plus récente.

De plus, la France, longtemps « terre d’exception culturelle », est aussi devenue une terre de création de premier plan, avec quantité de studios de création de contenu pour le jeu vidéo. Autant d’emplois et d’investissements portés par plus de 500 sociétés spécialisées dans la conception et l’édition… Un atout de poids qui pèse dans la balance, au point que la ministre de la Culture se revendiquait elle-même, en mars dernier, « ministre des jeux vidéo », déclarant que « Le jeu vidéo est une expression culturelle majeure, ayant donc toute sa place au ministère de la Culture ! ». 

 

Si jeux de société et jouets ne relèvent pas de la culture, c’est alors peut-être du côté du ministère de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports qu’il conviendrait de jouer des coudes et de faire le lobbying approprié, en rappelant au passage que Jeunesse commence par Jeu… de découverte, éducatif, d’imitation, d’adresse, de rôle, de création, de construction, de réflexion, de stratégie… Autant de raisons et d’occasions d’apprendre !

(*) Source : sondage auprès de 200 familles, le vendredi 9 avril + étude FamilyBus JuniorCity réalisée entre le 9 et le 15 avril 2021 (900 familles avec enfants de 1-14 ans, représentatives national).

 

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